Maria Grazia Chiuri : la fin de l’âge Dior

 

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Enfin après des décennies d’un règne tenu par des hommes, une femme siége à la tête du monument Dior. Si la masculinité est un point qu’avaient en commun tous les précédents directeurs artistique de Dior, il est vrai que leur facilité à créer pour une femme d’exception était la clé du succès de la maison. En fait, il semble même que de toute leur fureur artistique découlait une incroyable tendresse à l’égard de la femme et un réel désir de l’embellir de la manière la plus élégante qui soit.

 

Parce qu’en définition, c’est ce qu’incarne la maison Dior : une femme élégante, sobre, passionnée, délicate, exaltée, tendre…

 

Alors, à la lecture des quelques commentaires qui accompagnaient le premier défilé de Maria pour sa nouvelle maison, j’étais ravie d’apprendre qu’une femme féministe souhaitait (R)évolutionner l’identité de l’enseigne. Parce que, si à ces fleurs et jupes évasées on ajoutait la force de caractère de Beyoncé, alors peut-être qu’une ligne adaptée à cette nouvelle génération de femmes aussi soignées que déterminées aurait éclos. Après tout, je n’ai rien contre le changement, c’est bien ainsi qu’Hedi Slimane a débarassé YSL de son air pompeux au profit d’un style plus grunge qui sciait parfaitement la marque.

Il semblerait néanmoins que Maria n’a pas bien compris ni le sens du mot « féminisme », ni  même l’esprit qui dirige la maison de couture depuis maintenant 70 années.

 

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En effet, et contre toute attente, la collection présentée le Vendredi 30 Septembre n’était qu’un réchauffé de ce que nous avait déjà présenté des milliards de fois l’ex directrice artistique de Valentino. Les robes et jupes sont légères, tout en transparence, à motif et empreintes d’une certaine féerie typique des réalisations signées Valentino. Les deux univers artistique sont pourtant bien opposés, puisque l’un travail sur des volumes, broderies et tailles cintrées tandis que l’autre propose des tenues longilignes, légères et à motifs. Rappelons que Maria Grazia Chiuri, originaire de Rome,  a passé la quasi intégralité de sa carrière artistique à créer pour Valentino, ce qui correspondait en tous points à son style à l’Italienne. Il est donc « normal » que ses années passées au service de la maison aient influencées ses choix artistiques. Cependant, cette erreur ne passera pas inaperçu auprès des spectateurs qui perçoivent ce « désir d’innover » comme un refus d’agréer aux codes de la marque.

 

 

Et, comme si cette confusion n’était pas suffisante, il fallait que Maria fasse preuve d’encore plus de maladresse en créant ses silhouettes autour d’un thème surprenant : l’escrime. Sous prétexte que ce sport est à l’image d’une femme forte et capable d’affronter tous les aléas de la vie, voilà qu’une suite de modèles défilent vêtus de tenues d’escrime : signe de force, de courage, mais aussi de mauvais goût ! A certaines tenues, Maria va même jusqu’à abuser de la transparence pour laisser apparaître les caleçons « Dior J’adiore » créés pour l’occasion. Un style travaillé/dépouillé, pourtant pas désagréable à regarder, mais bien trop éloigné de celui de ses prédécesseurs.

 

 

Alors, reste à voir si le pari d’ajouter à Dior la voix d’une féministe a été tenu. Vêtir ses modèles de calbards n’étant évidemment pas une réponse suffisante aux inégalités persistantes qui divisent Hommes et Femmes. Afin d’affirmer ses convictions et son autorité féministe, Maria opte pour des t-shirts blancs, avec pour inscription cette petite phrase mignonne digne d’une inscription de bracelet d’amitié «  We should all be feminist ». 

Nous voilà sauvées.

 

Linda K

 

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