Défilé Spécial 100 ans d’Etam : immersion dans les coulisses du défilé !

A l’occasion de leur 100 ans, Etam présentait ce Mardi 27 Septembre un défilé placé sous le signe de l’élégance ! Parce qu’on ne se contente pas que de regarder un défilé, il était important pour Snooks de pénétrer au cœur du processus de création en rencontrant les petites mains de la marque ! Nous discutons donc avec Quang-Khiem, stagiaire pour l’occasion !

 

 

– Comment as-tu intégré l’équipe d’Etam ?

En fait je n’ai pas travaillé pour Etam directement, j’ai été pris chez Nicolas Fafiotte. C’est un jeune couturier Lyonnais qui est entre autres connues pour ses robes de mariés ou encore pour les robes des finalistes de Miss France dont il a la charge depuis 2006. Depuis 5 ans, c’est lui qui s’occupe de la réalisation des tenues pour le défilé ! Mes parents le connaissent depuis plusieurs années, mes grands parents habitant juste à côté de ses parents. J’ai reçu son appel dans le courant du mois de Mai pour me dire qu’il avait besoin d’aide pour l’événement. J’ai donc accepté, mais je lui ai quand même précisé que je ne pouvais intégrer son studio sur Lyon qu’au mois de Septembre car à ce moment je travaillais chez Christine Phung (l’actuelle directrice Artistique de la maison Léonard) et sa marque éponyme pour le lancement de la collection. J’ai vraiment été content d’avoir été contacté pour travailler chez Nicolas. Travailler pour un grand défilé comme Etam Live Show, c’est vraiment une opportunité en or ! Et on m’a dit qu’il ne prenait plus de stagiaires depuis 2-3 ans donc ça m’a fait vraiment plaisir qu’il ait pensé à moi !

 

– Quelles ont été tes tâches pour la préparation du défilé Etam ?

Étant le tout jeune et nouvel arrivant du studio, j’étais au début cantonné aux travaux pas vraiment important comme la découpe, le rangement… c’était pas vraiment cool -rire-. J’ai tellement utilisé les ciseaux minuscules qu’ils m’ont prêté que je ne sens toujours pas le bout de mon index, et ça va faire un mois que c’est comme ça ! Mais rapidement, j’ai pu faire des choses plus intéressantes pour moi comme du moulage, des prototypes, des broderies, participer pleinement au processus de recherche des tenues, de la conception à la pièce finie ! C’était vraiment intéressant !

Et par la suite, je suis devenu mannequin cabine du défilé ! -rire- Nous avions une mannequin cabine, mais elle est repartie à Montréal au Canada où elle vit actuellement ! 2 jours avant son départ, Nicolas voulait faire un essai rapide de ceinture et comme je passais par là, il m’a attrapé et ceinturé ! Il me regarde et me jette « tu fais 60 de tour de taille ?! » Ce à quoi je répond « 62 ». Ça l’a grandement arrangé parce qu’en plus, je suis assez élancé (1m78), ce qui correspond assez bien aux normes des mannequins femmes actuelles. Au final, ça a été assez drôle ! Même lui trouvait ça surréaliste de me voir avec des corsets, des serres-tailles, des jupes, des soutiens gorges et j’en passe ! Le côté négatif, par contre, c’est que je devais me restreindre de manger, ou manger un minimum, sinon je ne pouvais plus rentrer dans les tenues !

 

 

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– Combien étiez-vous à préparer ce défilé ? Et quels étaient les rôles de chacun ?

Nous n’étions pas énormément à travailler dans son studio-atelier ! 6 en tout, en comptant Nicolas ! Il y avait 2 jeunes filles qui avaient fait des écoles de mode à Lyon et qui travaillent ici maintenant, deux femmes avec plus d’expériences, Nicolas et moi ! Nous n’avions pas de tâches particulières, juste de devoir avancer pour le défilé ! Nous faisions tous à peu près les mêmes choses : de la couture, des broderies…

 

 

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– Comment s’organise un défilé ?

Ce contexte était assez particulier car ce n’était pas directement le défilé de la boîte pour laquelle je travaillais ! Etam ne pouvait pas créer les pièces pour le défilé car ils ne fabriquent rien d’autres à part des vêtements et de la lingerie ! Ils ont donc besoin de faire appel à des entreprises qui ont parfois eux-mêmes besoin de faire appel à d’autres entreprises. C’est un peu un parcours sans fin pour arriver à la finalité attendu ! Les croquis sont dessinés par Etam , dont le siège se situe à Paris. Par la suite, ils sont envoyé à Lyon, chez Nicolas Fafiotte. À partir de là nous nous chargeons de retranscrire toutes les pièces par toile pour en faire des prototypes. Nous rectifions ce qui n’allait pas, nous changions si les modèles étaient jugés « moches »… C’était assez speed parce qu’on avait qu’une seule semaine pour tout faire avant la validation d’Etam, quoi qu’au final tout est passé très vite. Un mois s’est écoulé entre le début et la fin du projet  ! Après la validation, on commençait les tenues en vraie tissus !

 

– Quel était le thème du défilé ? 

Le thème du défilé était basé sur les valeurs d’Etam, ce qui est compréhensible vu que c’est leur 100 ans ! C’est pour ça que nous travaillions sur quatre sections : « Je suis Joyfull » qui s’inspire de l’univers marin, « je suis sexy » « je suis divine » et « je suis chic » !

 

 

– A quoi sont destinées les créations ? (vente en magasin, vente aux journalistes… ?)

Les pièces réalisés sont des pièces uniques et coûtent très chers ! Elles sont rachetées par Etam qui les stockent après ou qui les exposent dans certains magasins.

 

– Quels matériaux/tissus ont principalement été utilisés pour ce défilé ?

Principalement de l’organza, de la mousseline, de la dentelle ! C’était beaucoup de broderie aussi ! Énormément même ! J’ai passé des heures, des jours à broder des perles, des strass, des cristaux ! J’en ai limite fait une overdose ! On avait aussi pas mal de toile rigide pour les corsets mais c’était pas sensationnel !

 

 

– Les défilés Etam sont généralement organisés sous forme de défilé spectacle, est-ce qu’en tant que styliste/modéliste vous avez eu des échos sur l’organisation de l’événement ? (du lieu où il allait se dérouler ? Des invités qui y seraient présent ? Des artistes/chanteurs qui s’y présenteraient ?)

Le défilé de cette année était placé sous le centenaire de la marque, du coup, Etam a voulu créer quelque chose d’assez spectaculaire ! Ils ont donc loué le centre Pompidou qui a été entièrement aménagé pour l’occasion ! C’était plutôt impressionnant ! La scène était vraiment très belle avec le sol qui s’illuminait et des jeux de lumières ! Pour animer le show, Etam a fait appel à Marina Kaye, The Avener ou encore Jacques Dutronc ! Ils ont vraiment joué sur la French Touch, mais ça avait son charme ! Malheureusement en backstage où j’étais, il n’y avait pas d’écran pour suivre le défilé, mais je me dis que c’était tellement speed et les problèmes étaient tellement nombreux qu’il aurait été impossible de suivre le show à l’écran !

 

– Les défilés Etam sont facilement comparable aux défilés Victoria’s Secret, qu’est-ce qui les différencie d’après toi, ne serait-ce qu’au niveau de la main d’oeuvre ?

Le défilé Etam, je pense, essaye plus de jouer sur le côté couture chic à la française, plutôt que sur le spectaculaire donné par Victoria’s secret ! Et puis j’imagine que nous étions moins nombreux à avoir travaillé pour ce défilé qu’au VS, qui reste quand même la référence en terme de défilé !

 

– A quoi ressemble une journée passée à l’atelier pendant la préparation du défilé ?

En général on arrive vers 9h puis on travaille sur les pièces, rien de plus ! Mais la veille des défilés, c’est beaucoup plus impressionnant parce que le stress commence à monter, la peur de ne pas réussir à tout finir, la peur que ce soir mal fait et qu’il y ait un problème durant le show ! Mais il faut passer outre et continuer, se dire que ce n’est rien et que le défilé n’est pas si important (même si on ne le pensait pas aha) ! La veille du défilé, nous avons terminé à 1h du matin ! Le lendemain, il fallait se lever tôt pour aller tout vérifier avant qu’on ne fasse tout transporter à Beaubourg !

 

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– Avez-vous un contact avec les stylistes, organisateurs du défilé.. ?

Nous avions régulièrement les stylistes d’Etam en rendez-vous ou au téléphone pour qu’ils puissent suivre la production ! En rentrant sur Paris ce lundi 26/09, c’est là que j’ai pu vraiment rencontrer la grande partie de l’équipe ! J’ai assisté au casting des mannequins et côtoyer des grandes tops comme Maria Borges, Ana Beatriz Barros, Constance Jablonsky ou encore Morgane Dubled qui ont été vraiment adorable avec moi !

 

 

 

 

 

 

– Ce défilé n’est pas commun, puisqu’il s’agit non seulement d’une fashion week, mais aussi des 100 ans d’Etam. Alors, qu’est-ce qui différencie vraiment cette collection des précédentes ?

Honnêtement, je ne pourrais pas vous répondre ! Parce que chaque show est assez surprenant et, de la où j’étais, c’est-à-dire dans le backstage, le défilé ressemblait à n’importe quel autre défilé -rire- ! Sinon globalement le show a quand même mit le feu à la salle ! C’était vraiment cool !

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– Quelles difficultés as-tu rencontré en tant que superviseur des tenues ?

Je devais m’assurer que les habilleurs du secteur dont j’avais la charge (des jeunes étudiants en mode qui n’avaient pour la plupart jamais été sur un défilé) habillés correctement les mannequins et si les tenues étaient bien mises ! Après, allez savoir pourquoi, les mannequins venaient vers moi pour me des problèmes de chaussures qui étaient trop petites, trop grandes, trop serrés… j’ai du passer bien 1h à demander à ce qu’on aille me chercher des chaussures dans tel couleur, tel pointure… J’ai même du faire des trous pour les lanières avec des ciseaux parce que certaines avaient la circulation coupé ! Mis à part ça, on a eu des problèmes avec quelques tenus, dont les corsets, parce que les habilleuses n’étaient pas formé pour !

 

– Quel était l’ambiance global du défilé juste avant le top départ ?

On est arrivé assez tôt, vers 18h alors que le défilé commençait à 21h30 ! C’était pépère au début ! Je me baladais, j’allais parler aux mannequins, j’ai passé pas mal de temps au buffet -c’était tellement bon !- J’étais impressionné parce que, dans le secteur dont je m’occupais, il y avait Ana Beatriz Barros et Morgane Dubled, des top modèles que j’admire depuis mes 10 ans ! Les voir en vrai, c’était tellement incroyable ! M’occuper de leur habillage et discuter avec elles l’était encore plus ! Elles ont vraiment été gentilles avec moi, c’était super ! Elles ont d’ailleurs bien rigolé quand je leur ai dit que, pour les tenues qu’elles portaient, on avait fait les réglages et les essayages sur moi ! Les autres mannequins étaient très gentil aussi contre toute attente ! Voir portées les tenues que j’ai faites et sur lesquelles j’ai passé des jours entier, c’était vraiment émouvant, notamment la robe transparente entièrement strassé, l’énorme corset doré du passage divine ou les bustiers à perles du passage Chic qui m’ont littéralement rendu malade tant ça a été horrible à faire ! Mais les voir sur le défilé, ça a été la meilleure des récompenses !

 

Autres photos :

 

Cette interview vous a été proposée par Linda K.

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