Tarek Hocine : le nouveau né de la Haute Couture

A la recherche de talents frais, Snooks est allé à la rencontre de Tarek Hocine, le nouveau visage d’une mode féminine et affirmée, à la fois moderne et classique, inspiré des plus grands, mais aussi de nouvelles figures emblématique tel qu’Alexandre Vauthier.

Avant de ne détailler la ligne directrice de son jeune atelier, il est important d’introduire le parcours de ce créateur âgé de seulement 25 ans, tout droit venu de l’Orient.

Tarek Hocine, un prodige aux milles et une casquettes.

Né en Algérie, Tarek voit son enfance bercée de chants élogieux à l’égard des femmes. Rapidement, l’envie de les embellir le prend. Il développe alors un goût prononcé pour les vêtements : grand, mince et aux traits bien dessinés, il se lance dans le mannequinat, c’est ainsi que la passion naît. A l’époque, il est étudiant en marketing. C’est finalement pour rejoindre le cœur de la France qu’il quitte les bras de son Algérie natale. Paris… c’est ici qu’il découvre le vrai sens du mot « tendance ». Lorsqu’on lui demande si, selon lui, la ville mérite toujours son titre de capitale de la mode , il répond « Le simple fait de savoir que je suis à Paris, qui est « la capitale de la mode », et que j’ai toute la liberté vestimentaire que je veux, ça me permet d’être plus créatif. »  –  » Je suis d’abord venu en tant que touriste. Cette ville m’a fait rêver. J’ai eu l’occasion de défiler et de faire des shootings à l’époque où j’étais encore mannequin. Puis finalement, j’ai décidé d’y étudier la mode. Je savais que je pouvais m’épanouir artistiquement ici, grâce à cette grande liberté d’expression à laquelle nous avons le droit. Puis, on ne va pas se mentir, j’ai aussi été influencé par les créateurs… Toutes ces grandes maisons qui transportaient leurs créations jusqu’à Paris juste pour exposer ou défiler. Aussi, je rêvais d’avoir « Paris » écrit au bas du nom de ma marque. C’est une valeur sûre, qui rend n’importe quelle marque luxueuse ! Les gens ont cette idée de Paris, instaurée par les vidéos des métiers d’art de Chanel et par différents médias.  » (Extrait de « Paris, capitale de la mode Part 2« , Snooks.fr)

 

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« The Little Black Coat« 

Ce manteau,  de son vrai nom « The Little Black Coat » né du mariage d’un manteau et de la petite robe noire, deux basiques de chaque hiver combinés en un. Il est coupé dans de la gabardine de laine et doublé d’un sergé de soie.

 

Afin de préparer son entrée dans une école de stylisme, Tarek s’entraînait dans les ateliers de Zino, son ami et conseillé de longue date, connu pour ses créations très inspirées de l’orient. C’est en 2014 que Tarek intègre Mjm Graphic Design, une école d’art située dans le 11ème arrondissement. Très vite, ses facultés en dessin et en couture se font remarquer. Plus qu’une aptitude, Tarek se voyait doté d’un véritable don pour la mode ! En effet, il avait cette facilité d’assimilation que personne d’autre dans sa filière n’avait. Travailleur, il s’entraînait dix fois plus que les autres pour rapidement toucher l’excellence. A tel point que, au bout de quelques semaines seulement, ses camarades le nommaient « le génie », et dès ses premières créations, sa prof de stylisme qualifiait son travail de « digne de la Haute Couture ».

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« Le Damier »

Cette veste tailleur appelée « Le Damier »  est une veste type tailleur classique à la découpe oversize correspondant à la tendance de l’année. Elle se porte ouverte pour un style plus décontracté, fermée, ou accessoirisée d’une ceinture à la taille. Coupée dans du tweed de laine en noir et blanc « d’où l’appellation du Damier » et est doublée d’un satin de soie léger.

Sur la photo : la veste est accessoirisée avec une ceinture brochée Broche : Tarek HOCINE Paris

Perles : Maison SWAROVSKI

 

Au moment de nous décrire son style, Tarek précise : « Je tiens à éclaircir un point : la plupart des gens confondent le terme « style » qui désigne des codes, l’identité d’une marque, qui est lui intemporel… avec le terme « tendance » qui est un phénomène social qui caractérise les goûts et les manières de vivre d’une société, et qui est lancé pour une durée limitée étant rapidement sujette aux changements. Pour revenir à la question, je dirais que mon style se veut « féminin » , destiné à celles qui n’hésitent pas a s’affirmer en tant que femmes « élégantes », « délicates »  « 

Pour ce qui est de ses tissus et matériaux de prédilections, Tarek ne pose aucune limite à son inspiration. Ainsi, chaque matière (et même les plus étonnantes) peut être utilisée pour son processus de création : « En première année, j’ai créé pour les portes ouvertes de mon école un bustier fait de goudron, que j’ai nommé la marée noire». L’idée m’est venue alors que je fermais une fenêtre pour ne pas m’y unnamedcogner la tête en me levant (les joies d’être grand de taille). En fixant la matière utilisée pour les rebords de fenêtre,  ça m’est venu ! Du coup, au lieu d’aller dans une boutique de tissu, j’ai fini chez Castorama… Quelques mois plus tard, j’étais amené à confectionner une création pour le défilé de fin d’année. J’ai  repris pratiquement les mêmes formes que celles de mon bustier, mais  cette fois-ci, j’ai utilisé du satin duchesse que j’ai agrémenté de broderies perlées, aucun rapport, mais pour mon expérience personnelle et professionnelle, j’ai pu travailler 2 voir 3 matières différentes. La seule chose que j’exige aux clientes et que je m’exige à moi-même, c’est que les tissus soient de bonne qualité, c’est 60% de l’image du vêtement une fois qu’il est terminé. »

                                                                                                                                                             La « marée noire»

 

Ce bustier défini comme œuvre artistique de texture unique est fait à partir d’un silicone anti-allergique qu’on appelle « Goudron de toiture ». Il n’est cependant pas destiné a être porté pour une longue période. Peint entièrement à la main dans un mouvement de vagues, pour le rappel d’une catastrophe industrielle et écologique que le créateur dénonce à sa propre manière.

 

 

« La coupe la plus récurrente de mes créations est la silhouette en huit, qui m’a toujours fasciné. Je serre la taille et donc je libère le reste soit par de la fluidité, soit grâce à des jeux de volumes. Quant aux découpes, je m’amuse en basculant les coutures et en en déplaçant certaines de leurs positions habituelles… Tout se fait en modélisme, il faut être passionné et s’armer de beaucoup de patience. A mon avis, le point le plus important est de s’intéresser à l’architecture. »

 

 

Ce qui fait l’originalité de sa marque, c’est évidement son amour pour les femmes, qu’il décrit simplement : « La femme d’aujourd’hui sait ce qu’elle veut pour demain. Elle prend soin d’elle, elle aime séduire et n’hésite pas à s’affirmer. C’est cette femme là qui m’inspire l’originalité, que je traduis dans mes créations par « des coupes nettes et précises », ainsi que des « finitions étudiées » pour un rendu qui leur parlera. C’est comme un cycle, tout part de la muse et revient à elle, je ne fais que traduire ce qu’elle m’insuffle chaque jour : à la terrasse d’un café, dans le métro, en soirée… »

 

 

Pourtant, tout est source de création pour le jeune designer. De Mondrian à l’armée en passant par le style de la rue ou par la maison Dior, et par dessus tout : les années 50, comme en témoigne cette superbe tenue créée à l’occasion du défilé Mjm Graphic Design de 2016. Tarek accorde à cette époque une véritable attention : celle qui génère son inspiration.

En 2016, Tarek se voit offrir une place chez Alexandre Vauthier. Finalement, c’est chez Riccardo Gracci qu’il effectuera son stage. C’est grâce à ses créations aux nombreux détails et au fini toujours très net qu’il charme ses confrères. Aujourd’hui, chacune de ses tenues se voit gratifiée d’une étiquette « Tarek Hocine Paris », preuve que la persévérance et la passion qui l’animaient lui ont permit de réaliser ses rêves !

Suivre Tarek sur Instagram : Tarekhocine_Paris

Linda K.

Crédits photos : 

  • The Little Black Coat et Le Damier
    • Photographe : Stéphane Graiche
    • Mannequin : Eileen Diarra
    • Make Up artist : Ismahane Belhadef
    • Assistant : Nicolas Hivert
  • La marée noire
    • Photographe : Franck Gomez
    • Mannequin : Sarah Seewer
    • Make Up artist : Make Up For Ever Academy
    • Assistant : Benjamin Baron

2 thoughts on “Tarek Hocine : le nouveau né de la Haute Couture

  1. Un homme avec un talent et des idées plein la tête, une personnalité généreuse et gentille. Continue de nous donner des étoiles dans les yeux avec tes créations qui scintilles de mille feu !

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