« En finir avec les kilos » Edition spécial minceur

Cette semaine, Snooks organise une suite d’articles consacrés aux troubles alimentaires, afin de prévenir les jeunes filles et femmes des risques des régimes et de la pression infligée par les réseaux sociaux et des médias. Afin d’illustrer ces articles, nous avons fait appel à la talentueuse Inertie du blog infinitybird.fr ! N’hésitez pas à faire un tour sur sa page ainsi qu’à aimer et à partager pour plus d’impact <3 

 

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J’ai commencé un régime à l’age de 14 ans, un régime qui a vite dégénéré.

 

Je me suis engouffrée dans un cercle vicieux et dans une maladie qui a dévoré 3 ans de ma vie. Dès le début de l’adolescence, j’avais conscience que mon corps changeait. J’ai pris du poids et, à seulement 12 ans, je suis passé d’un corps d’enfant à celui de femme. Je me suis bien sur comparée aux autres enfants, mais aussi aux filles qu’on voyait dans les magasins. Alors j’ai tout fait pour quitter ce corps dans lequel je ne me sentais pas à l’aise. A cette époque j’inspectais chaque parcelle de mon corps, et ce que je voyais dans le miroir me dégoutait. Mon premier amour, loin de me décomplexer, m’a rendu encore plus dure avec moi-même… J’ai donc commencé à surveiller ce que je mangeais en évitant les aliments sucrés et les sodas. J’ai rapidement perdu du poids, mais ça ne changeait rien à l’image que me reflétait mon miroir. Je voulais m’améliorer, je voulais être parfaite. Je me suis privée, de plus en plus, en me refusant toute sorte d’aliments. Ça allait des bonbons aux féculents en passant par le fromage.

Mon corps et mon cerveau n’ont pas tenu ce régime drastique et j’ai fini par faire des écarts, j’ai vécu ces entorses à mon régime comme des échecs, et le seul moyen d’y remédier a été de me faire vomir. De cette façon, je me punissais et je minimisais les chances de prendre du poids. Les vomissements me sont apparus comme une aide salutaire et, très vite, ces vomissements occasionnels sont devenus des purges préméditées régulières auxquels je faisais appel plusieurs fois par jour. Je me suis peu à peu renfermé sur moi-même. Je rentrais dès la fin des cours pour me faire vomir, je ne sortais plus par peur qu’une crise ne me prenne à l’extérieur et je ne pouvais évidemment pas accepter les invitations à déjeuner. La priorité qui dirigeait ma vie était mon poids ! Je me pesais matin et soir après chaque vomissement. Durant cette période, je ne vivais que pour manger, je m’affamais et mon état de dénutrition m’empêchait de penser à autre chose qu’à la nourriture.

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« Boulimie » par Inertie

 

Après une crise, je me sentais toujours honteuse et monstrueuse. Le soucis de la boulimie, contrairement à l’anorexie, c’est qu’elle n’est généralement pas visible. Ce n’est qu’au bout d’une année que j’ai finalement réussi à prévenir mes parents. Au début, je refusais de les impliquer là-dedans. Je pensais encore pouvoir gérer le problème seule, je ne me rendais visiblement pas compte que je n’avais plus le contrôle et ce depuis longtemps déjà. Un jour, alors que j’étais au restaurant avec ma mère, je me suis lancé un défit : si j’arrivais à me retenir de vomir, je ne lui dirais rien ! Quand je lui ai dit, ma mère est tombé de haut, mais pour autant, elle n’a pas paniqué et ne m’a pas laissé voir qu’elle était troublée. Toutefois, je ne sais pas si  elle mesurait l’ampleur des dégâts à l’époque.

On a donc pris rendez-vous chez un psychiatre de la Maison De Solen dans la semaine. Les crises n’ont pas cessé du jour au lendemain pour autant. La priorité était de réduire les vomissement, c’était le plus dangereux. L’acidité des sucs gastrique risquait à la longue d’abîmer la trachée et des faire tomber mes dents. Le risque ultime causé par les vomissement était la mort. J’étais donc suivie par une équipe médicale avec obligation de faire des prises de sang et des analyses tous les mois. J’ai aussi du essayer de recréer un climat alimentaire propice à ma réémission. J’étais en constante irrégularité alimentaire, passant d’un stade de dénutrition de plusieurs mois durant lesquels je ne m’accordais que 1300 calories par jours à des repas/orgies où je pouvais engloutir plus de 5000 calories en moins de 30 minutes. A l’époque je connaissais l’apport en calories de chaque aliment pour éviter ceux à risque durant mes périodes de restrictions. Afin de m’aider dans ma guérison, j’ai aussi pris rendez-vous chez une nutritionniste – moi qui pensais tout savoir sur l’alimentation, elle m’a fait changer ma vision des choses !

Bizarrement, je recommençais à prendre du poids alors que je continuais toujours à suivre mon régime. En fait, la nutritionniste m’a expliqué que moins je nourrirais mon corps, plus il stockerait dans les graisses et au moindre écart, mon poids allait grimper en flèche. Je lui ai alors accordé ma confiance et ai accepté de reprendre un nouveau régime dans lequel, cette fois, je ne mangerais pas moins, mais mieux. Tous les aliments que je m’interdisait jusqu’alors faisaient partie de ce régime dans des quantités raisonnables, et les féculents, que je m’étais interdit plus que tout, constituaient la plus grosse partie de ma nouvelle alimentation. J’avais des quantités à respecter, ce qui m’a permis peu à peu de retrouver le sentiment de satiété que j’avais perdu en perturbant mon alimentation.

Malgré toutes ces aides, le sentiment de mal-être et la maladie étaient encrés trop profondément en moi et je n’arrivais pas à sortir la tête de l’eau. Un an après, réalisant que j’avais du mal à décrocher seule, ma psychiatre me proposait des séances hebdomadaires à l’hôpital, dans un groupe de suivie, ainsi qu’une thérapie individuelle. J’ai aussi eu recours à des anti-dépresseurs puisque, sur le long terme, cette maladie avait bouffé mon morale et complètement affaibli mon corps. Avec la mise en place de ce programme, j’ai également eu un aménagement de mon emploi du temps scolaire. Mon année de terminale et mon Bac ont été répartis en deux années afin que je puisse me soigner et continuer mes études. Les symptômes se sont finalement très vite atténués durant ces deux années, malgré quelques rechutes de temps à autre.

Je rentre cette année en Fac et j’ai arrêté mon traitement médicamenteux il y a plus de 2 mois. Je sais qu’il y a plein de jeunes gens qui se trouve enfermé dans la situation que j’ai vécu. A tout ceux la, je ne peux que leur dire courage. Je suis sur que si j’y suis arrivée, ils peuvent le faire aussi.

 

Pauline.

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