20 ans et sans emploi : Mode d’emploi

C’est la rentrée et, pour beaucoup d’entre vous, c’est encore flou. Il y a ceux qui devront choisir une nouvelle filière, ceux qui ont déjà choisi leur filière. Il y a ceux qui ont terminé le lycée, et qui flippent pour « l’après ». Il y a ceux qui n’ont toujours pas choisi, ceux qui s’accordent une année sabbatique. Ceux qui ont suivi les conseils de Papa et Maman et qui sont allés en droit, puis ceux qui vont tenter une prépa’. Vous tous avez ceci en commun : vous doutez. A un moment, ne serait-ce qu’un court instant, vous vous êtes dit qu’il s’agissait d’un choix décisif mais que ça n’était peut-être pas le bon. Pourtant vous faites le grand saut, et c’est maintenant que votre vie se joue.

 

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Enfin du moins, c’est ce que je pensais jusqu’à hier, lorsqu’une réalité s’est imposée à moi. Après seulement 24h, j’abandonnais le job que j’obtenais chez Zara, et me suis finalement rendue compte qu’on était plutôt nombreux dans ce type de cas.

Je fais partie de ces (rares) gens qui ont été éduqués avec l’idée qu’avoir un métier ne devait pas être une corvée. En fait, j’avais un frère qui n’hésitait pas à réduire l’argent à son état brut, à savoir, des liasses de billets dont nous seul pouvions déterminer la valeur. Soit on décidait d’en faire une priorité et de laisser notre démon matérialiste diriger notre vie et tenir notre carrière, soit on faisait de ce qui nous passionnait notre seule mais néanmoins grande richesse. Ok, maintenant que j’ai grandi, je vois bien que cette idée tenait carrément de l’utopie. Parce qu’aujourd’hui j’ai 1) besoin d’argent, 2) compris qu’une passion, comme son nom l’indique, désignait l’amour passionné qu’on porte à une activité et qui nous guide dans la quête de la perfection. Et de ce fait, elle était souvent accompagnée de désillusion et d’insatisfaction.

Finalement, je dis que nous sommes « rares » à vouloir suivre nos rêves, mais je réalise que ça n’est peut-être pas si vrai que ça. De plus en plus, j’assiste à des abandons de la part d’étudiants insatisfaits qui préfèrent se réorienter plutôt que de continuer dans des filières dans lesquelles ils ne s’épanouiront jamais. A la Fac, 46,2% des première année ne passent pas en seconde année. Et ça, même s’ils ne le font pas dans le but de tout claquer pour finir peintres de rue, c’est déjà une belle forme de revendication. C’est la preuve que, à défaut de vouloir faire de leur passion leur métier, ils restent conscients que leur choix de carrière sera quasi-décisif pour leur avenir et que quitte à travailler pendant quarante ans derrière le même bureau, alors autant le faire pour une cause qui nous stimule vraiment.

En réalité, si j’écris au sujet des études et du boulot, c’est parce que j’ai le ressenti que la pression qu’inflige la société sur l’importance de suivre des études et d’acquérir une expérience professionnel se fait de plus en plus forte. J’explique ma situation : j’ai vingt ans, suis étudiante en journalisme, en couple et espère un jour pouvoir vivre de mes écrits. Jusque là, rien de bien fou. Mais voilà que cette année, une nouvelle notion de la vie s’est imposée un peu brutalement à moi : celle du travail. Alors, d’une recherche d’emploi à une autre, mon entourage se faisait de plus en plus oppressant. On m’a d’abord reproché de ne pas être persistante dans mes recherches, puis à mesure du temps, leur besoin de me voir travailler se faisait toujours plus pressant. Parce que « c’est bien que tu aies des expériences dans le domaine du journalisme ! Pour ton CV c’est top !« , puis « N’accepte pas de petits boulots, fais un stage. Quitte à travailler, alors autant le faire dans le domaine qui t’intéresse ! » Ce avec quoi j’étais assez d’accord jusque là. Mais d’annonce en annonce et de refus en refus, la confiance que je portais en mes capacités diminuait et, de nouveau, j’entendais autour de moi « Mais Linda… Elle a pas de travail… Il faut l’aider à trouver un stage ! » Comme si j’avais un loyer ou d’autres bouches que la mienne à nourrir. Je m’entendais alors penser que je ne réussirai jamais et que je n’avais aucun avenir, qu’il était dramatique que je ne travaille pas et que toutes les occasions que je perdais aujourd’hui ne se représenteront certainement pas demain !

 

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En fait, j’étais tellement désespérée que j’ai même fini par céder à l’appel du… PISTON. Qu’on soit clair, je n’ai rien contre les personnes qui ont réussi grâce au piston… Enfin si en fait, j’ai clairement quelque chose contre les gens qui ont réussi grâce au piston. J’ai un peu de mal avec l’idée qu’une personne moins talentueuse qu’une autre ait plus de chance de percer simplement parce qu’elle a des contacts.

Mais j’ai cédé.

L’expérience fut courte, mais plutôt intense. Je me suis tenté au léchage de bottes, en espérant de tout cœur me plaire au sein de cette rédaction. Tout le monde attendait d’avoir mon retour, mais à peine ai-je eu le temps d’entamer ce stage que :

« Bonjour Linda,

Je fais suite aux échanges avec Lucie concernant ta venue chez nous, je voulais m’assurer que tu es ravie de faire ce stage ou tout du moins, d’avoir cette opportunité. J’ai pas forcément l’impression que c’est le cas. 

Si je me suis trompée, nous sommes toujours ravies de t’accueillir avec nous mais si tu as un doute, il est encore temps de trouver un stage qui pourra t’enjouer un peu plus. 

Bien à toi,

AC »

Un peu excédée, je réponds :

 » Bonjour A.

Je suis actuellement à l’étranger, et n’ai donc pas pu répondre au dernier message de Lucie à cause du manque de réseau.
Cependant, si vous aviez lu les mails que nous nous sommes échangés, alors vous sauriez que nous avions prévu de nous rencontrer à son retour de vacances afin de signer ma convention de stage.

Seulement, je comprends à la lecture de votre mail que vous plus que moi n’avez pas envie de me voir effectuer ce stage. Sachez qu’avant de vous lire, et surtout après la lecture de votre dernier numéro, j’étais parfaitement consciente de l’opportunité qui m’était donnée. Maintenant, j’associe davantage cette offre à un cadeau empoisonné que vous vous sentez obligée de m’attribuer à la demande d’E.

Si l’intérêt que vous me portiez lors de notre entretien était déjà nul, il se voit désormais accompagné d’une certaine aigreur dont j’ignore la provenance. S’il vous dérange d’accorder un stage à une personne que vous ne jugez pas méritante, alors pourquoi me l’offrir à moi ?

Pour répondre à votre question, donc : j’étais ravie de savoir que je débuterais mon stage au sein de votre entreprise dès la rentrée prochaine, au point même de songer à refuser une autre offre (rémunérée, cette fois) qui m’avait été faite. Finalement, je comprends que votre intérêt pour mon travail est inexistant, et, de ce fait, je préfère laisser ma place à quelqu’un que vous jugerez plus digne.

En tout cas, je vous remercie d’avoir apporté la réponse au dilemme qui me rongeait depuis quelques jours déjà. Et même si je ne comprends pas le but de votre mail, je continue de penser que *** est un super magazine. Comme quoi, la tyrannie est peut-être encore la meilleure façon de gouverner. 👌

Bien à vous,
Linda K. »

 

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Après quoi, je continuais d’envoyer mon CV partout où je le pouvais. L’idée de faire ce que j’aimais s’était estompée, désormais, tout ce que je souhaitais était de trouver un travail. Mais hier, alors qu’enfin je trouvais un job, une réalité s’est imposée à moi : je n’ai que 20 ans. J’ai tout juste l’âge de savoir ce à quoi je veux consacrer mon avenir, et je n’aurai peut-être  jamais plus l’occasion d’en douter.

Alors voici mon conseil pour cette rentrée : plutôt que de courir après la réussite, prenez le temps de définir vos besoins et envies. Il n’y a pas d’urgence, que des craintes. Travailler sur vous avant de travailler pour les autres.

 

Linda K

3 thoughts on “20 ans et sans emploi : Mode d’emploi

  1. C’est vraiment merveilleux de faire un métier dans lequel on se plait, c’est très épanouissant, mais malheureusement, ce qui prône est l’argent, sans ça, on ne peut s’épanouir totalement.

    Se plaire au travail, mais rentré et cumulé les soucis lié aux cadeaux, sortis, le loyer, les limitations de départ en vacances ainsi que leurs destinations, tout ca nui à la santé mentale.

    Trouves un emploies quel qu’il soit plutôt que de rester dans l’inactivité, le temps passe, et ca permet de combler ton CV plutôt que de lui crée des trous de plusieurs mois voir années. Ca permettra d’avoir un salaire qui permettra de mener à terme tes objectifs et également gagner en expérience, ce qui peut être un plus pour tes futurs employeurs.

    Cependant continu de chercher un emploi dans ce qui te plait, il ne faut pas t’enliser dans un boulot qui ne te convient pas, ton temps libre deviendra alors productif et te permettra alors de (très) probablement trouver le job de tes rêves tout en n’ayant pas fait de surplace pendant plusieurs mois-années.

    Tu n’auras pas de trou dans ton CV
    Tu auras acquis de l’expérience
    Tu auras gagné de l’argent qui te permettra de faire toute sorte d’activité et peut-etre trouver plus facilement un emploie (Code + Permis)
    Tu auras commencé à économiser pour ta retraite, ou mis sur ton PEL pour l’achat d’une maison avec ta moitié

    Le fait de te dire que tu as toute la vie devant toi car tu as seulement 20 ans, c’est en quelque sorte procrastiné, et ceux qui font ca ne vont jamais bien loin. Regarde ce que tu as accomplis tout le long de ta vie, et regarde tout ce qui t’attends si tu te relèves de ce coup de mou…

    Oui un « coup de mou » car ce n’est rien de plus, on en connait tous ou on est plus ou moins perdu, l’important c’est de s’adapter pour pouvoir se relever et aller de l’avant.

    Tu y arriveras, j’en suis sur !

    Respectueusement

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